Retrouvons les anciens usages des médicinales. 

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L’asthme est une maladie inflammatoire des bronches et des petites bronches, les bronchioles. Souvent, d’origine allergique, elle entraîne des symptômes d’obstruction plus ou moins réversible des voies respiratoires ! Ce qui se traduit par des difficultés à respirer, essoufflement, respiration sifflante, sensation d’oppression dans la poitrine.
Parfois, l’asthme induit une gêne respiratoire permanente, mais souvent, il se manifeste par des crises occasionnelles. L’asthme est lié à divers stimuli comme des allergènes dans l’air, de la fumée, etc.
Durant une crise, l’ouverture des bronches est réduite en raison d’une importante réaction inflammatoire et d’une contraction des muscles de la paroi des bronches.
Deux périodes sont propices à l’asthme : l’enfance et le début de la quarantaine. La moitié des enfants deviendront complètement asymptomatiques au cours de l’adolescence, mais ils resteront toujours à risque.

Il existe deux formes d’asthmes
L’asthme peut être d’origine neurovégétative : s’il y a anxiété, ou contrariété, la respiration se fait courte et une crise d’asthme peut survenir.
L’asthme peut être d’origine allergique : poussière, acariens, peuvent enclencher une crise chez certains.
Quelles qu’elles soient, les crises peuvent être calmées par des médicaments, mais aussi par certaines plantes.
Les plantes peuvent apporter une aide précieuse, mais il va de soi que jamais on interrompra un traitement, sans en parler d’abord à son médecin. La prise des plantes peut être parfois un traitement de fond intéressant. À voir selon les cas, bien entendu ! Parfois, il est inévitable d’avoir recours à l’allopathie.En phytothérapie : on travaille sur plusieurs plans, je vous donne ici ma méthode.

Je la nommerai S.T.E.A.

– Source : l’origine du problème est à connaître afin d’y remédier.
– Terrain : c’est-à-dire l’état général de la personne sur un plan physiologique.
– Etat mental : est à prendre en considération, car il influe sur l’individu.
– Avenir : ne pas négliger le rééquilibrage afin d’éviter toute récidive.

En pratique :
Se renseigner sur les plantes possibles
Faire un choix de 3 à 4 plantes maximum.
Observer le résultat, si pas concluent, on modifie. C’est comme pour les médicaments parfois, il faut changer !

Voici quelques plantes intéressantes, cette liste n’est pas exhaustive !

  • Plantes sédatives: passiflore, aubépine, lotier corniculé, tilleul, escholtzia, mélisse, valériane
  • Plantes antiallergiques et/ou anti-inflammatoires: boswellia, églantier, cassis, plantain, sureau, réglisse, bouleau, euphraise
  • Plantes pectorales et/ou expectorantes : asmatica, carotte, capucine, eucalyptus, lierre terrestre, noisetier, violette

Observer toujours une fenêtre thérapeutique !
Surtout s’il s’agit d’une prise importante, dans le temps et dans le dosage.

Exemple :
Prise durant 3 semaines, arrêt 1 semaine.
Prise durant 5 jours, arrêt durant 2 jours.
Reprise éventuelle, jusqu’à amélioration.
On respecte les dosages ! Les plantes ne sont pas sans danger.

Je choisis aujourd’hui de vous parler du/de la :

Lotier corniculé – Lotus corniculatus

Dans l’Odyssée, c’est le lotier corniculé qui aurait fait perdre la mémoire aux compagnons d’Ulysse.
On l’appelle le lotier cornu, pied de poule, petit sabot, trèfle cornu, cornette, pantoufles du petit Jésus et il nous vient de la famille des Fabacées.
De mai à août, il se récolte. Cette plante vivace  mesure entre 20 et 60 cm de hauteur et pousse un peu partout le long des sentiers, des champs et en montagne, jusqu’à 3 000 m d’altitude. Ses petites fleurs jaune orangé apparaissent au printemps. Elles se regroupent en couronnes dont le sommet est parfois d’une légère teinte pourpre. Son fruit, en s’ouvrant, se tord en spirale. C’est la tige et les fleurs qui sont utilisées en phytothérapie.
Le lotier corniculé contient des flavonoïdes et des substances cyanogénétiques,  molécules qui ont des propriétés sédatives et agissent sur les nerfs. Cette plante est surtout utilisée dans la prise en charge des troubles du sommeil, de l’anxiété, du stress et des états dépressifs légers. Je la nomme la plante de la bonne humeur.
Là où elle est intéressante dans l’asthme, c’est qu’elle va à la fois calmer la personne mais de plus elle est  antispasmodique.

En usage interne on peut l’utiliser dans les troubles du sommeil, de l’anxiété, du stress et de la dépression légère.
Infusion : prenez 5 gr de plantes sèches pour 200 ml d’eau. Laissez infuser 5 minutes. Filtrez.
Contre les insomnies, buvez 2 tasses, une vers 18h et la deuxième au coucher.
Contre l’anxiété, le stress et la dépression légère, boire 3 tasses par jour (au lever, le midi et au coucher).
Ou
Sous forme de teinture :
90 gouttes par jour (anxiété, stress, dépression) en 2 ou 3 prises dans un verre d’eau.
70 gouttes par jour (insomnies) , prenez 30 gouttes vers 18h dans un demi-verre d’eau, puis 40 gouttes avant de se coucher.
N.B. : En cas de réveil nocturne, boire un demi-verre d’eau avec 20 gouttes.
Ou
Gélules de poudre : généralement 2 gélules par jour en cas d’insomnies (1 vers 18h et 1 au coucher), 3 gélules par jour en cas d’anxiété, de stress ou de dépression (matin, midi et soir). Sinon se référer aux conseils du laboratoire.
Attention :
Le lotier corniculé est déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et chez les jeunes enfants. La dose maximale est de 3 tasses par jour et la durée du traitement ne doit pas excéder 3 semaines par mois.

Violette odorante – Viola odorata

Elle se nomme souvent, violette de mars, violette des haies, viole de carême, herbe de la trinité et nous vient de la famille des Violacées. On peut la récolter tout au long de l’année.
Les fleurs de la violette odorante sont appréciées pour leur activité expectorante, sudorifique et émolliente. Elles sont tout indiquées dans le traitement de la toux, des bronchites, des angines, de la grippe.
Au Moyen Âge, la violette odorante était utilisée pour ses propriétés aphrodisiaques. On mélangeait ses fleurs avec celles de la lavande officinale, que l’on cousait ensuite dans les oreillers.
Cette petite plante vivace et rampante mesure entre 5 et 15 cm. Présente en Europe, en Asie et en Afrique du Nord, elle pousse surtout dans les bois, dans les champs et dans les haies. Ses fleurs sont agréablement parfumées et apparaissent au printemps. Elles peuvent être violettes, blanches, bleues ou roses. Ce sont ses fleurs, ses feuilles et ses racines qui sont utiles en phytothérapie.

En usage interne
Pour dégager les voies respiratoires.
Décoction : mettre  la racine séchée coupée finement, dans de l’eau froide. Faire bouillir 1 cuillère à café pour 200 ml pendant 5 minutes.
Ou
Tisane expectorante : faire bouillir 5 g de racine coupée finement, pour 200 ml d’eau pendant 15 minutes. Filtrer et ajouter 1 c. à soupe de sirop de fleurs.
Prendre une tasse toutes les 3 heures durant 1 semaine.
Pour soulager la toux.
Infusion : mélanger 50 g de fleurs de violette odorante et 50 g de fleurs de coquelicot. Faire bouillir 5 gr pour 200 ml d’eau. Laisser infuser pendant 10 minutes et ajouter du miel.
Boire 2 tasses par jour 1 tasse pour les enfants entre 3 et 10 ans.
En usage externe
Contre les gerçures des seins
Cataplasmes : Placer les feuilles dans de l’eau tiède faire bouillir, aussitôt les placer entre deux linges. Appliquer directement sur les lésions.
Ou
Appliquer les feuilles fraîches broyées.
Attention
Les feuilles et la racine de violette odorante sont contre-indiquées pendant la grossesse et l’allaitement.

En gemmothérapie
Le noisetier est recommandé, excellent traitement de fond que l’on peut associer au cassis, anti-inflammatoire et à l’églantier.
15 à 20 gouttes par jour. En 2 ou 3 prises dans un verre d’eau.
La gemmothérapie demande 2 à 3 mois de traitement et fonctionne vraiment bien.

En aromathérapie
Dans le cas d’un asthme allergique ou nerveux
Les huiles essentielles suivantes

  • 10 gouttes de tanaisie (Tanacetum annuum)
  • 50 gouttes de basilique (Ocimum basilicum)
  • 40 gouttes de petit grain bigarade (Citrus aurantium ssp aur. Feuilles)
  • 40 gouttes d’hysope officinale couchée (Hyssopus officinalis var. Decumbens)
  • 10 gouttes de khella (Amni visnaga)

Le tout dans 25 ml d’huile végétale (Nigelle, amande douce, olive…)
6 à 8 gouttes sur le thorax 3 à 4 fois par jour.
Le khella aura une action bronchodilatatrice, l’hysope expectorante, le basilic antispasmodique, le petit grain agit sur l’anxiété, la tanaisie antihistaminique.
Ces huiles essentielles ont aussi d’autres propriétés.

A la semaine prochaine,
Mady